Conservation de patrimoine culturel
La France heureuse, peinture murale d’Alfred Courmes (1938-39) juin-août 2022
Vue d'ensemble
Une caractéristique du travail de Courmes : des visages très individualisés.
L’examen au microscope USB numérique illustre les différences de matière entre original et repeint, notamment la granulométrie des pigments.
Sur la paroi principale, Alfred Courmes a mêlé les scènes de la vie quotidienne et des références à l’Antiquité : des joueurs de boules, les Trois Parques, des vendangeuses et la cueillette des fruits.
Une « bergère » dont le bas roulé sur le mollet fut jugé déplacé pour le décor d’une ambassade.
Des lignes de construction du dessin transparaissent sous une matière parfois très légère.
Sur le panneau représentant La Plage, deux détails montrant la variété des rendus de matière : à peine brossée ou opaque et couvrante.
L’éclairage sous fluorescence d’ultraviolets met en évidence les différentes campagnes de reprise après le dégagement des années 1980.
Un aspect des soulèvements consécutifs au dégât des eaux.
Traitement graphique des rélevés d'altérations
Cet ensemble de peintures murales exécuté à la cire couvre la totalité des murs de la salle à manger de l’Ambassade, soit près de 100 m2. L’œuvre est marquée par une histoire mouvementée. Moins de vingt ans après son achèvement, des détails d’iconographie et de style ayant choqué certains visiteurs, elle est entièrement badigeonnée de blanc et recouverte par des toiles tendues sur des tasseaux. Une opération de dégagement est entreprise au début des années 1980, suivie par une campagne de retouche. D’autres interventions ponctuelles se succéderont ensuite. Des désordres consécutifs à une fuite d’eau, des dégradations signalées par le personnel en pote à l’ambassade ont conduit le Bureau du patrimoine et de la Décoration du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères à diligenter une étude diagnostique, afin de disposer d’un bilan complet de l’œuvre, tant historique que technique.
Étude de la collection de peintures
Commanditaire : Académie des beaux-arts octobre-novembre 2022Dans la perspective d’un réaccrochage d’une partie des œuvres dans la Galerie des Estampes après rénovation, la totalité de la collection (plus de 70 numéros) a fait l’objet d’une étude diagnostique. Le constat d’état vise non seulement les supports et les couches picturales mais également les cadres. Le bilan est assorti de préconisations pour une campagne de conservation-restauration et d’une estimation financière. Chacune des œuvres a donné lieu à une fiche individuelle renseignée sur une base de données mise au point par nos soins pour répondre spécifiquement aux besoins de cette opération. Dépoussiérages face et revers et menues interventions curatives ont accompagné cette prestation.
Recherche des mises en teinte d'origine dans un édifice du XVIIIe siècle
L’entrée principale du site et le pavillon central
Élévation de la rotonde, extrait du projet de l’architecte Toufaire, 1788
Échafaudage en place dans la rotonde
Sondage en cours
Extrait du rapport d’étude
Extrait du rapport d’étude
Construit de 1785 à 1788 sur les plans de l’architecte Toufaire, l’Hôpital maritime de Rochefort, classé Monument historique depuis le 1er avril 2022, fait aujourd’hui l’objet d’une réhabilitation de fond avec création de logements. La rotonde centrale du corps de bâtiment principal servait originellement d’espace de circulation entre les deux ailes du bâtiment mais abritait aussi une chapelle. La mission comprenait le repérage des couches de polychromie anciennes sur les trois niveaux d’élévation et la recherche d’un éventuel décor de caissons peints en trompe-l’œil au niveau de la coupole. La restitution des résultats a exigé la mise en place d’une nomenclature précise pour rendre compte de la multiplicité des surfaces décoratives et des couches superposées.
Décor peint du théâtre de Nevers (Nièvre). Étude préalable à la restauration (2017).
Échafaudage au centre de la salle
Ensemble du décor peint surplombant la salle (état Émile Vernon, 1899)
Cadre de scène côté cour
Vue partielle de la salle avec l'échafaudage (photo David Aguilella-Cueco)
Écoinçon à cour à demi détaché, laissant voir la toile sous-jacente de Saint-Léon
Détail du décor de Saint-Léon (1852-54), sur l’écoinçon déposé, après déclouage partiel de la toile de 1899
Détail technique du décor de 1852-54 : sur la peinture à la colle, rehauts de peinture dorée
Extrait du rapport d'étude
Protégé par une inscription à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques, le décor peint du théâtre est essentiellement constitué de peintures sur toile, clouées sur châssis. Particularité : deux états successifs du décor sont présents : l’un datant de la construction du théâtre, l’autre d’une campagne de rénovation. Le premier est dû à Antoine-Victor Barbereau, dit Saint-Léon, et date de 1852-54 ; le second a été réalisé par Émile Vernon en 1899.
L’étude préalable a permis de reconstituer une partie de l’historique des décors, d’en relever les particularités techniques, notamment le mode d’accrochage des toiles à la charpente du théâtre, de dresser un constat détaillé des dommages. Une attention particulière a été accordée à la réflexion sur un protocole de dépose et de repose, notamment pour le grand tondo central, dont la surface dépasse les 40 m2.
Ancien hôtel de Günzbug ou Guinsburg, rue de Tilsitt, Paris VIIIe
Maître d'ouvrage : Groupama Immobilier
Septembre 2016
Différentes tonalités d'or, consoles du plafond de la galerie
Examen sous UV du plafond de la galerie
Usures sur l'un des personnages du plafond de Mazerolle
Enfilade des salons depuis la galerie
Réalisée à la demande de la DRAC Ile-de-France, cette étude comportait une campagne exhaustive de sondages stratigraphiques sur les quatre salons classés, un diagnostic des plafonds peints et l'estimation financière des travaux.
Le décor ornemental serait dû à Alexandre Denuelle (1818-1879), et l'un des plafonds est signé Alexis-Joseph Mazerolle (1826-1889).
Ensemble de décors scéniques composant le Temple de Minerve, créé par les frères Slodtz en 1754 pour servir Thésée de Lully, conservé au théâtre de la Reine au Petit Trianon. Étude préalable à la restauration (2015).
Conditions d’examen sur la scène du théâtre de la Reine : au fond, deux frises à demi « chargées » du Temple de Minerve ; au premier plan, châssis de coulisse d’autres ensembles
L’examen détaillé a permis de mettre en évidence des remaniements anciens
La corrosion des broquettes (ou semences) a souvent oxydé les fils de toile, compromettant parfois la tension sur plusieurs dizaines de centimètres
Détail d’une frise avec son inscription ancienne, à l’encre, et son fourreau déchiré, renforcé par une pièce en toile de jute
Fourreau d’une autre frise, doublé par l’intérieur avec une pièce de toile de jute
Des inscriptions plus anciennes que la création du Temple de Minerve ont parfois été trouvées, témoignant de la pratique courante de réemploi des décors
À l’occasion de l’exposition Fêtes et divertissements à la Cour, organisée au château de Versailles (novembre 2016 – mars 2017), il a été décidé de procéder à une intervention de conservation-restauration sur cet ensemble. Pour préciser le cahier des charges, un état des lieux pièce à pièce des 18 toiles sur châssis et des 7 toiles libres a dû être dressé. Les dimensions imposantes (l’ensemble totalise plus de 320 m2) ont imposé un travail in situ sur la scène du théâtre, et des manipulations par les machinistes. L’étude a permis de dresser un tableau quantifié des altérations et anciennes restaurations, assorti de préconisations de traitement et d’une estimation des moyens nécessaires.
Mattaincourt (Vosges). Étude préalable à la restauration (2015)
Vue d’ensemble de la chapelle (mai 2015)
Joints de pierre en forme d’accolade, dont l’étude a permis de comprendre l’origine
L’enduit granuleux qui sert de support à une couche picturale très fine, à l’huile, a favorisé le phénomène de perte d’adhérence
Sur les voûtes, le classique décor néo-gothique de semis d’étoiles d’or sur fond bleu et les non moins classiques altérations des retombées
Traces d’un décor sous-jacent sur le mur du chevet
Les tests de refixage et nettoyage ont établi une bonne faisabilité de ces interventions
Saint Pierre Fourier, ancien curé de Mattaincourt (1565-1640), canonisé en 1897, fondateur de la congrégation Notre-Dame, fait toujours l’objet d’une dévotion spéciale. Un reliquaire conservant ses restes est placé au centre de l’autel dans la chapelle, qui fut décorée dans la décennie 1850-1860, après la reconstruction complète de la basilique.
Une intervention de préservation et de remise en valeurs des décors était souhaitée pour la célébration des 450 ans de la naissance du saint, en novembre 2015. L’étude a consisté à préciser les conditions de faisabilité de cette intervention. Le diagnostic des peintures et les préconisations de traitement ont été accompagnés d’une réflexion et de conseils sur l’éclairage pour une meilleure mise en valeur des décors.
Le château d’Aulteribe (Puy-de-Dôme), légué à l’État avec sa collection de peintures par le marquis Henry de Pierre en 1954.
Examen et prise de notes dans la chambre de la marquise.
Cachet de fabricant de toile à peindre.
Éclairage et prise de vues
L’observation des revers permet de dater certaines interventions.
Une version de la Baigneuse de Girodet.
Château de Champs-sur-Marne
Centre des Monuments Nationaux2011-2012
Examen en cours dans le Salon de musique
L'un des dessus-de-porte de Jollain
La signature et la date redécouvertes grâce à l'étude prélable
Les 41 peintures en dessus-de-porte (2011) et des 13 peintures de chevalet ont été diagnostiquées au cours de deux campagnes d’examen, en mettant à profit une période de fermeture au public du château en raison de travaux sur le bâtiment.
Constats d’état, classement des priorités d’intervention, estimation budgétaire ont débouché sur un outil d’aide à la programmation des restaurations.
Au cours de cette étude, les quatre dessus-de-porte du Salon d’angle ont pu être attribués, grâce à la découverte d’une signature « P. Jollain » et d’une datation précise au mois près : « septembre 1756 ».
Date : août-octobre 2010
Commanditaire : Agence Fabre-Speller
Façade principale du théâtre
Échafaudage de travail dressé sur la scène pour les sondages en partie haute
Sondage révélant une mise en teinte bicolore, un filet orangé soulignant le relief du volume jaune d’or
Sur l’intrados des arcatures, le décor aux teintes vives et fraîches est marqué par des auréoles d’humidité ayant fixé la crasse
Trophée d’instruments de musique en trompe-l’œil au plafond du foyer
Assemblage des pièces de toile marouflée au plafond du foyer
Altérations liées à l’usage : usure, encrassement, décollements de toile au niveau des balcons
Malgré les altérations, le décor garde tout son charme grâce à la fraîcheur des tons et à la légèreté de l’exécution
Le théâtre Molière de Sète, construit de 1896 à 1904, est inscrit à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques depuis le 26 septembre 2003. Il abrite un riche décor peint, doré et sculpté qui évoque dans des couleurs vives et légères le monde chatoyant du spectacle et la lumière méditerranéenne.
L’étude préalable, réalisée à la demande de l’agence Fabre-Speller, maître d’œuvre de la réhabilitation de l’édifice, comprenait une recherche des polychromies anciennes recouvertes par des campagnes de réfection et un diagnostic des peintures sur toile marouflées du foyer.
Décors scéniques de l'ancien Théâtre de Châtellerault
Date : mai-juillet 2010
Commanditaire :
Communauté d'Agglomération du Pays Châtelleraudais
Le rideau de scène du théâtre : un rideau en trompe-l’œil découvre une vue du pont Henri IV de Châtellerault
L’un des éléments de décor parmi les plus anciens, endommagé par l’usage et les conditions de conservation
Détail de l’un des décors en lumière rasante, mettant en évidence d’importants soulèvements de couche picturale
La machinerie ancienne et ses tambours de démultiplication
Reconditionnement de l’une des frises : pose d’une mousse protectrice autour de la perche et roulage dans une enveloppe de TyVek®
L’un des rideaux de fond de scène, Paysage méditerranéen, avant roulage
Édifié en 1842-44 et légèrement remanié en 1899, l’ancien théâtre de Châtellerault avait fermé ses portes en 1974, privant les châtelleraudais de la jouissance de ce lieu intimement mêlé à leur histoire. Le bâtiment et ses décors ayant été classés Monuments historiques par arrêté du 17 juillet 2009, la communauté d’agglomération en a entrepris une vaste campagne de réhabilitation. Plus de 150 éléments de décor scéniques (rideaux de scène, toiles sur châssis) étaient restés entreposés dans l’ancien magasin aux décors. Pour programmer les interventions nécessaires à leur conservation et, pour certains, à leur réemploi dans le théâtre une fois rénové, il était nécessaire de disposer d’une connaissance plus précise de leur nombre, leur nature, leurs matériaux constitutifs, leurs altérations.
Une campagne de constats d’état, réalisée à la demande de la DRAC Poitou-Charentes, débouchant sur un cahier des charges a été menée. Elle a été l’occasion d’identifier des ensembles, de repérer les éléments les plus anciens, de cerner les techniques mises en œuvre et les modalités d’utilisation pratique des décors. Un échange avec l’agence d’architecture choisie comme maître d’œuvre de la réhabilitation du théâtre, l’agence Clé-Millet, a permis de mettre en relation certaines caractéristiques techniques (profil des châssis) avec les modalités de fonctionnement de la machinerie ancienne, exceptionnellement conservée. Ainsi, le lien structurel existant entre ces objets mobiliers et l’équipement – immobilier par destination - de leur lieu d’origine, connu et documenté, va pouvoir reprendre pleinement son sens dans la scénographie qui sera offerte au public (réouverture prévue en 2013).
À la suite de notre étude, la communauté d’agglomération nous a choisie pour une mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage ayant pour objectif de coordonner l’opération de conservation-restauration de ces décors (voir chapitre « assistance à maîtrise d’ouvrage »).
Cette étude a fait l’objet d’une publication en partenariat avec Mme Anne Embs, conservatrice régionale des Monuments historiques de Poitou-Charentes (« L’envers du décor ; le sauvetage et la restauration des décors scéniques du théâtre de Châtellerault », Monumental, 1er semestre 2011, pp. 76-79).
Août-novembre 2006
Commanditaire : société ALTAREA
La salle Wagram en 1900
Après destruction du théâtre de l’Empire ; l’explosion a épargné la Salle Wagram en fond de parcelle
Vestibule après démontage de la verrière
Intérieur de la salle, empoussiérée après plusieurs années de non-exploitation
Les figures en carton-pâte des parties hautes, recouvertes de poussière et de nicotine et parfois éventrées par des chocs
La stratigraphie sur la base des colonnes fait apparaître pas moins de 12 couches de décor successives
Édifiée en 1865 à l’emplacement d’un ancien bal de barrières, la Salle Wagram a été le théâtre de nombreux événements parisiens liés au divertissement et à la politique : bals, galas, combats de boxe, meetings, … La salle et son décor ont été inscrits le 2 mars 1981 à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques. Après l’explosion du théâtre de l’Empire contigu en 2005, le groupe ALTAREA, propriétaire, décide de procéder à une restauration complète de l’édifice.
Si la structure de la salle avait subi peu de modifications, la polychromie d’origine avait fait l’objet de nombreuses réfections. Des sondages stratigraphiques ont permis d’établir la gamme chromatique et sa répartition, de dresser un constat des altérations des parties peintes et des décors en relief en stuc, staff et carton-pâte.
Le vestibule, construit plus tardivement et décoré en 1913, avait vu sa verrière soufflée par l’explosion de 2005. La frise de bacchantes et de satyres, peinte au registre supérieur dans une inspiration antiquisante, recouverte par des couches de peinture monochromes, partiellement dégagée et restaurée au début des années 2000, avait subi les intempéries. Constat d’état et essais de dégagement ont conduit à l’examen de la faisabilité de l’opération de conservation-restauration.
Grâce à un dialogue fructueux avec la DRAC Ile-de-France, un cahier des charges repérant finement les différentes compétences nécessaires à la remise en valeur des décors a pu être élaboré. C’est sur la base de celui-ci que le groupe ALTAREA nous a confié en 2007 la coordination générale de ces travaux (voir chapitre « assistance à maîtrise d’ouvrage »).
17, rue Vivienne, Paris IIe
Juillet-octobre 2005
Putto aux carnations bleues, détail du plafond du Cabinet Colbert
Sondage stratigraphique sur les boiseries du Cabinet Colbert
Sur la corniche, l’enlèvement des vernis et repeints anciens permet d’apprécier les différentes nuances de bleu.
La fluorescence d’ultraviolets met en évidence les reprises plus récentes sur l’un des médaillons du Plafond aux allégories
Test d’allégement du vernis sur les rinceaux décoratifs du Plafond aux allégories
Sondage stratigraphique sur lambris bas au deuxième étage
Sur le panneau intérieur du lambris, un sondage révèle l’existence d’un décor brun et or à motif de rubans.
La grande salle du premier étage après curage ; c’est à cette étape des travaux dans le bâtiment que les sondages ont été réalisés.
Situé dans un quartier loti sous Louis XIII, à deux pas de la Bourse, l’hôtel Desmarets a été édifié à partir de 1638 par l’architecte Le Muet. Objet de nombreux remaniements dès le XVIIe siècle, il a adopté progressivement son profil actuel d’immeuble de bureaux. Le bâtiment et une partie de son décor ont été inscrits à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques par arrêté du 3 septembre 2002.
L’étude préalable aux travaux de réhabilitation complète du bâtiment comprenait un diagnostic des plafonds peints et une étude stratigraphique des boiseries anciennes conservées. Elle s’est appuyée notamment sur un rapport d’étude historique, la référence à des sources d’archives anciennes ayant servi de socle à notre compréhension de l’édifice dans ses multiples réfections.
L’examen des trois plafonds peints (XVIIe et XIXe siècles) a livré des précisions sur leur technique de création, leur datation probable, ainsi que la nature et la cartographie des altérations et campagnes antérieures de restauration. Examen, documentation et stratigraphies ont permis de mettre l’accent sur d’autres éléments épars, en les resituant chronologiquement : sur des panneaux de boiseries, les vestiges d’un décor élaboré dans une gamme de bruns rehaussée à la feuille d’or, masqués sous plus de sept couches de peinture successives, des poutres peintes du XVIIe siècle et une belle corniche moulurée d’inspiration rocaille.
Un cahier des charges a été élaboré sur la base de ce diagnostic, en concertation avec la Conservation régionale des Monuments historiques d’Ile-de-France.
(voir aussi l’onglet Conservation-restauration)
Juin-septembre 2007
Commanditaire : Ministère des Affaires étrangères
La façade sur jardin
Vue d'ensemble de la salle de bal
Vue d'un petit côté, détail de l'élévation
Détail de l'architrave, reliefs avec dorure reprise au cuivre
Sondage stratigraphique rélévant une couche d'origine brun moyen (à gauche du sondage) sur certaines parties
Ancien siège de l’ambassade de France en Turquie, aujourd’hui consulat, le bâtiment, édifié sur les plans de Pierre Laurécisque à partir de 1839, a conservé la distribution d’origine de ses pièces d’apparat, dont une grande salle de bal. À la suite d’un dégât des eaux récent, la Mission du Patrimoine du ministère des affaires étrangères souhaitait préciser les conditions de sa remise en valeur, notamment en effectuant une recherche in situ sur le décor peint d’origine.
Intégralement conservé dans sa structure, le décor de la salle a subi plusieurs campagnes de réfection : nouvelles couches de peinture monochrome sur les fonds, et surtout pose de feuilles de cuivre sur les reliefs anciennement dorés à la feuille.
Outre les préconisations habituelles de conservation et de restauration, le cahier des charges clôturant l’étude se devait également d’envisager les conditions très particulières d’intervention dans un poste diplomatique à l’étranger : définition des profils professionnels requis, éventualité de recours à une main-d’œuvre locale, contraintes d’approvisionnement en produits et matériaux, etc.
Hôtel Salomon de Rothschild, Paris
Localisation : 11, rue Berryer, Paris VIIIe
Date : janvier-avril 2005
Maîtrise d'ouvrage : Groupe Ludéric
Maître d'œuvre : M. Didier Repellin, Architecte en chef des Monuments historiques
Façade de l'hôtel
Le plafond du Salon rouge, longtemps masqué par un faux plafond dont la structure est encore en place
Test d'allègement du vernis sur le plafond du Salon rouge
Sous fluorescence d'ultraviolets, test de nettoyage montrant l'agrandissement et le repeint épais et débordant
Mise en évidence d'une poche de démarouflage sur l'un des dessus-de-porte de la galerie
Soulèvements de matière, fente de la toile marouflée et cristallisation de sels solubles en surface, suite à un dégât des eaux au plafond de la Salle à manger
Édifié en 1878, l’ancien hôtel Salomon de Rothschildil a été classé Monument historique le 4 mars 2005. L’étude préalable visait à recueillir les données nécessaires à la restauration du riche décor peint des salons de réception du rez-de-chaussée haut, qui avait été longtemps occulté par des faux plafonds : panneaux à fond d’or du hall d’entrée, ouverture en trompe-l’œil sur un ciel dans la salle à manger, allégories dans le grand salon et l’ancien salon rouge. Examen minutieux, tests d’enlèvement des repeints et confrontation avec des sources historiques ont permis d'éclairer en partie l’histoire du plafond du Salon rouge. Cette belle toile marouflée, incontestablement datée de la seconde moitié du XVIIIe siècle, est un réemploi dans le bâtiment XIXe. Son format d’origine, un octogone allongé, a été modifié pour s’adapter à la configuration de son nouveau lieu d’accueil : suppression d’une large bande de ciel en partie centrale, adjonctions aux extrémités. Il pourrait provenir de l’ancienne Folie Beaujon, édifice construit de 1781 à 1783 sur le site maintenant occupé par l’hôtel de Rothschild.
À la suite de cette étude, l’équipe conduite par Anne-Elizabeth Rouault a été choisie sur consultation pour mener à bien l’ensemble des interventions de conservation-restauration des décors peints.